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Cool Black

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Artiste, producteur et gérant d'une grande maison de production au Bénin, Cool Black est notre guide dans cette toute nouvelle aventure.

 

Ce grand homme n'a pas caché sa vision de la musique urbaine béninoise. Il dit haut et fort ce que d'autres se disent bas. Eh Oui! Accrochez vous car vous allez beaucoup être instruit surtout ne laissez aucune partie.



Bonne lecture à vous.




Urbenhits: Bonsoir Cool B. Merci d'avoir accepté vous entretenir avec notre équipe.



Cool B: Bonsoir UrbenHits. Je vous en prie.

 


Urbenhits: Vous n'êtes plus à présenter dans ce mouvement hip hop béninois. Gérant d'une grande maison de production à Porto-Novo, je veux nommer la Tropical 1213 Music Record, artiste producteur, parlez nous de vos projets.



Cool B:  Actuellement je suis en pause analytique. Après le lancement de mon premier album en Décembre 2012, je me suis consacré un peu plus à la production de quelques jeunes de la cité via une selection qui a été faite dans les entrailles de la 1213. La plupart de ces jeunes mc's en ont bénéficié et ont eu à realiser leur mixtape suivi d'un lancement.

 

Après cela, j'ai instauré un projet dénommé "One week One single" qui est à sa première phase. Le lancement de ce disque se fera d'ici là à cause de quelques petites difficultés.

 

Juste après, je me consacrerai sur la production de mon deuxième opus vu que le système en a besoin parcequ'il y a de n'importe quoi qui se fait actuellement. Je crois que cette fois-ci c'est le Kora Awards et d'autres trophées internationaux que je remporterai avec cet album après le BGA et le PUA pour le premier "La voix qui crie dans le désert". Mais pour ce faire, je me suis engagé à constituer autour de moi une bonne équipe dynamique en vue de parfaire plus ce que j'aurai à faire parceque je vise trop l'international.



Urbenhits: Quelle appréciation faites vous de la musique urbaine béninoise?



Cool B: Il y a trop de copier coller dans cette musique au Bénin. Aucune originalité. Des textes qui puent des mensonges. Les chanteurs ne chantent plus trop juste dans la gamme. Il y a trop de "M'as tu vu?". Peu sont ceux qui font du bon.



Urbenhits: Ce qui veut dire que vous n'êtes pas du tout fier de la nouvelle génération que vous conduisez entre autres?



Cool B: Je suis juste fier que la musique urbaine prenne d' ampleur au Bénin et que beaucoup s'y interressent surtout les jeunes. Maintenant il faudrait en profiter pour les conscientiser, leur montrer les failles du système afin qu'ils puissent savoir ce que les artistes vivent.


Moi j'ai du mal à enregistrer certains qui font des sons égotriples en disant "J'ai le swagg, des jet privés, la maille à la Bill Gate" alors qu'ils ne sont pas capable de bien payer le studio. Je me demande où vont-ils ces jeunes? Moi cela me fait bizarre quoi. Qu'est-ce que cela leur coûte de dire la verité dans leur morceau? Après tout le rap ou le hip hop en général est une musique d'expression et de rebellion. C'est une musique d'audace et ne la fait pas qui ne peut pas respecter ses critères. C'est à cause de tout ça nous ne sommes pas trop representés à l'exterieur parcequ'on manque d'originalité et au lieu de boxer pour trouver d'issue, on préfère se jouer les stars.

Ça ne marchera jamais.


Il y a également un manque de niveau et d'inspiration qui stipulent que ces artistes ne se cultivent pas. C'est très important ce côté sinon ils seront là à répéter les mêmes choses dans leur morceau.



Urbenhits: Vous disiez tout à l'heure "Peu sont ceux qui font du bon", vous pouvez nous dire quelques exemples d'artistes qui font du bon?



Cool B: On dit souvent que la charité bien ordonnée commence par celle qui l'a introduite à savoir soi même. Je ne vais pas oublier Dibi Dobo qui a une originalité propre à lui même. Sessimè qui a vite compris. Nicoteen qui a une plume à la perfection. Mamba Noir et autres qui sont connus.

 


Chez ceux qui sont encore underground et qui sont originaux,  je peux vous parler de Maff Affo de Parakou, Monarc Noir, Sk Ekpinzin, AdNaz et pleins d'autres qui s'essayent.



Urbenhits: Cool B arrive t-il a vivre de sa musique ou mieux encore de son art?



Cool B: Je vis du showbiz en général. Au Bénin, il faut savoir faire plusieurs choses à la fois et c'est même conseillé. Je vis du showbiz actuellement et je crois la main sur le coeur que je vivrai paisiblement de ça jusqu'à la fin de ma vie même si je deviens un jour ministre de la République parceque j'ai des ambitions politiques.



Urbenhits: Parlant vie privée de Cool B, que peut-on en retenir tout simplement?



Cool B: Pas grande chose. Je vis une vie de couple allègrement et sans soucis. D'ici quelques semaines ma progéniture sortira. J'aime bien m'amuser, rigoler, aller à la piscine sans oublier que je suis un accro des films en séries. J'aime beaucoup la femme parceque c'est elle qui m'a donné la vie et m'a plus éduqué.



Urbenhits: Voudriez vous que l'un de vos fils soient artiste, producteur comme vous?



Cool B: Obligatoirement. Être artiste ne peut pas empêcher d'exercer d'autres activités comme DG de société, business man, agent de santé, faire la politique, être journaliste, et autres. Mes enfants doivent étudier la musique au moins pour savoir ce que c'est que la vraie musique et ne pas venir me jouer de n'importe quoi à la maison. Même s'ils refusent de chanter, ils doivent étudier cela comme on a étudié les sinus et cosinus à l'école sans savoir jusqu'à présent ce que cela nous apporte. Normalement, la musique doit être enseignée  à l'école jusqu'au secondaire. C'est en cela les occidentaux nous dépassent parceque c'est inclu dans leur système. Il faut être professionnel en tout.

 


Urbenhits: Existe t-il une autre alternative pour l'exportation de notre musique?



Cool B: Il faut travailler avec des professionnels surtout avec un bon manageur qui ne se contente pa d'escroquer les maigres sous de l'artiste mais qui se contente de tisser des relations afin de faire porter haut son artiste.
Reconnaissons qu'au Bénin nous n'avons pas de vraies maisons de production et cela est un facteur très très important parceque l'artiste ne peut pas tout faire. Chacun a son rôle. L'artiste est là pour chanter un point un trait et pour chanter du bon. Le manageur soccupe de son image, sa promotion, et lui trouver des contrats (concert, pub et autres). Le producteur investit et est en partenariat consistant avec ses partenaires parceque vous pouvez bel et bien avoir les sous mais sans relations et une equipe professionnelle pour vous guider, on entendra même pas parler de votre produit quelque part et ce produit est l'artiste.


Les producteurs qu'on avait eu au Bénin ont montré l'importance d'un producteur à un artiste (LAHA, GURU RECORD), avec les artistes qu'ils ont produit, on a vu l'effet direct en matiere de retroactivité.
Petit à petit, l'oiseau fait son nid. Même si l'artiste n'a pas de producteur,  qu'il soit au moins entouré des gens bien et qui partagent sa vision et ça ira. Mais seul, on ne pourra rien faire à part draguer les petites filles du quartier.
Il faut donc une organisation sérieuse à l'interne pour espérer une place à l'externe.


Urbenhits: Un mot pour conclure cet entretien?



Cool B: Je vous remercie pour le dynamisme et le dur labeur de votre équipe. Pour finir, j'aimerais que chaque acteur du showbiz au Bénin soit réellement professionnel. Ce n'est pas seulement les artistes mais je parle au bon sens de chaque entité du showbiz. Soyons professionnel et seul nous ne pouvons jamais aller loin.



Urbenhits: Merci Cool B!




Interview réalisée par Jaures Bradley Adjinda

 

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